Réunion de lancement du Collectif Classe Marseille

Réunion de lancement du Collectif Classe Marseille

permanence marseille travail

Le Collectif CLASSE a pour objectif la solidarité, l’entraide et la lutte de notre classe contre l’exploitation. Il se veut ouvert à toutes et tous, joignable et rejoignable.

Relance, croissance, libérer le travail, voilà le discours à la mode des bourgeois. Pour nous, ça se traduit par les réformes d’austérité, loi Travail, loi Macron, la légalisation d’Uber. Tout cela va dans le même sens: celui de notre misère. Comme dans une mauvaise baston, on prend coup sur coup, au point qu’on lâche prise, qu’on se dit qu’on a déjà perdu.

La première conséquence, sur nos lieux de travail, c’est que notre défense légale (le droit du travail, les prud’hommes…), notre marge de manœuvre au taf, est de plus en plus faible. Quand elle n’est pas inexistante. Aujourd’hui, pour la majorité des prolétaires à Marseille, résister au travail, ça semble impossible, et c’est souvent illégal: de l’absentéisme à  la séquestration de son patron, en passant par ralentissement les cadences de travail.

Certes, dans certains endroits, il reste de la resistance légale, il reste un semblant de code du travail. Mais bien souvent, le statut de quelques uns n’est qu’un arbre qui cache une forêt de sous-traitants, de travailleurs anonymes détachés.

Nous constatons aujourd’hui que notre classe n’a jamais été autant divisée et les travailleurs isolés.

Alors chaque jour, on se débrouille. On résiste comme on peut aux ordres du chef ou aux menaces du patron, on sabote un peu, on se plaint beaucoup. Pour dire plus simplement: le travail ne nous promet aucun avenir, obscurcit notre présent. Un jour, il faudra bien en finir avec lui.

PARTAGER DES INFOS, SE RENCONTRER, SORTIR DE L’ISOLEMENT, REPRENDRE LA MAIN.

Il existe plein de frontières entre nous : celles du travail, de la famille, de nos communautés, des nations.

Pourtant, nous sommes de plus en plus interchangeables. dans nos boulots, c’est d ailleurs ce qui nous fait peur, nous sommes facilement remplaçables. Mais cela nous rapproche également : il n’y a rien qui se ressemble plus que deux femmes de ménage, deux prolos, deux deliveroo qui gagnent 1000 balles par mois. Finalement être interchangeable ça peut aussi devenir une force. Aujourd’hui nous sommes isolés, et pourtant nous sommes partout. Et nous sommes légitimes partout où notre classe respire, y compris en dehors des secteurs où les membres de notre collectif travaillent. Toutes ces frontières, c’est eux, les patrons, l Etat, qui les dessinent. Pour sortir de l impuissance, nous n avons pas d autre choix : il faut les détruire.

Pour cela, il faut commencer par partir de nos realites, de nos petites résistances, les partager,  les diffuser quand cela est utile, sans nous mettre en danger. Il faut se rencontrer. Il faut se donner les moyens de construire une force ensemble sur la ville.

Journalistes, politiciens, économistes, universitaires, tous commentent notre rapport au travail. Ce n’est jamais nous qui prenons la parole. Pourtant il semble logique que ce soit celles et ceux qui subissent l’exploitation qui soient le plus à même d’en parler. Et ça commence par savoir ce qu’il se passe dans toutes les boîtes de Marseille.  C’est pourquoi, nous réalisons des “enquêtes ouvrières”, on essaie de repertorier ce qui se fait en terme de resistance au travail, d’installation de rapport de force.

On essaie aussi de se donner des moyens matériels , de diffuser les luttes des boîtes à côté de chez nous, d’y apporter du soutien quand on peut. Nous voulons sortir ces luttes des murs de la boîte, nous voulons prêter main forte à toutes celles et ceux qui veulent s’organiser, partout où cela est possible, trouver comment sortir de l’impasse.

Aucune lutte n’est impossible

Avec le collectif CLASSE, on veut casser la spirale de la fatalité: n’importe qui, intérimaire, uber, faux salarié en statut d’auto-entrepreneur, doit pouvoir lutter, mener une grève, refuser les conditions de travail, refuser l’isolement de la négociation.

Pour cela, on commence à s’organiser, contre nos patrons, et contre le travail !

Si le collectif CLASSE permet l’entraide pratique entre personnes, s’il permet de connaitre quelques bons plans dans tel ou tel job, de jeter quelques grains de sable dans l’engrenage, tant mieux. Mais nous voulons aller plus loin. Parce qu’on sera toujours vaincu dans leurs entreprises, il ne s’agit pas seulement de comprendre comment cette ville fonctionne, mais de se donner la possibilité de peser dans les luttes à venir, et qui sait, de gagner une bonne fois pour toutes.

 

Rencontrons-nous Jeudi 14 décembre 18h30

Au local le Camarade

54 rue Esperandieu,

à côté du Palais Longchamps

collectif classe

Appel maquetté

 

Comment tu peux participer?

En diffusant ce texte

En venant à nos réunions

En donnant des thunes quand pour des caisses de soutien aux luttes

 

Comment tu peux te rendre utile?

En remplissant l’enquête ouvrière

En la faisant remplir à tes potes, tes voisins, tes voisines.

En donnant des infos anonymes sur la situation dans la boîte pour laquelle tu bosses ou dans lesquelles tu as bossé.

 

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